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Samedi 9 février 2008

Est-ce que vous croyez que Nancy peut détester les chiens? Aujourd’hui, j’envoie un message à tous les Pitou, Fido, Princesse et Lassie de ce monde : Allez vous faire cuire un os!!!! Je suis juste plus capable des chiens, ils me donnent la chienne.

Je vous mets en contexte. Depuis un mois, avec le départ de ma collègue Alejandra en congé de maternité, nous n’avons plus de voiture pour aller travailler au champ. Soit!! Nous allons faire du pouce et marcher s’il n’y a pas d’autre choix. Résultat : Nancy doit être sur le bord de la route vers 6h45 du matin pour trouver un pickup qui la prendra dans sa boîte et qui l’amènera dans les communautés. Si Nancy est chanceuse son transport la conduira jusqu’à sa destination finale. Sinon, elle devra marcher parfois plus d’une heure avant d’arriver. C’est là que le fun commence. Tous les paysans ont des chiens. Des chiens de garde. Et quand je dis « DES chienS », c’est parce qu’ils en ont plusieurs. À plus d’une occasion, alors que je marchais tranquillement sur la route, je me suis fait encerclée par des meutes de chiens qui voulaient me dévorer.

Une fois, j`ai réussi à les tenir à distance pendant un moment en leur envoyant des coups de sac-à-dos. Quand je me suis finalement mise à hurler, la propriétaire est sortie de sa tite-cabane pour rappeler ses chiens tout en me regardant d`un air ahuri.

Lors d’un autre épisode, un paysan qui marchait à mes côtés s`est mis à tirer des pierres pour éloigner la demi-douzaine de bêtes à poil enragées qui s’étaient lancées à nos trousses. Finalement, c`est un pickup qui passait au même moment qui nous a sauvé la mise. On a sauté dans la boîte du véhicule en mouvement alors que l’autre moitié de la douzaine arrivait en renfort en grognant et en montrant les crocs. On l`a échappé belle!

Le reste du temps, ces épais à quatre pattes prennent un malin plaisir à se jeter devant les véhicules. J’ai arrêté de compter le nombre de fois où j’ai vu un pitou se faire rouler dessus par un camion.  Malgré que ce soit devenu un événement quasi-anodin, le bruit du boum et du gémissement qui s`ensuit demeure toujours aussi insupportable…

 

Par Nancy Malenfant
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Dimanche 3 février 2008
Si Dieu ou quelque force supérieure que ce soit vous accordait un don, un seul don, quel serait-il?

Voudriez-vous pouvoir devenir invisible à volonté ou lire dans les pensées des gens ou voler comme un oiseau? Moi j'hésite entre deux possibilités...
 
Mon premier choix serait de pouvoir comprendre et parler toutes les langues et dialectes existants sur cette Terre. Parce que la barrière de la langue m'empêche d'établir des liens aussi forts avec les gens d'autres pays que ceux que j'entretiens avec mes amis Québécois. La communication est à la base de tout. Si deux personnes ne peuvent pas communiquer, comment peuvent-elles échanger ou se comprendre? Comment pouvons-nous saisir le sens profond d'une autre culture si nous ne pouvons pas questionner?

Mon deuxième don est un peu plus farfelu. Je voudrais pouvoir jeter des sorts à ceux qui se montrent irrespectueux envers les autres. Ce ne serait rien de très méchant, seulement pour montrer le respect à ces gens qui parfois manquent de savoir-vivre. Par exemple, à celui qui m'envoie des baisers dans la rue, je lui paralyserais le bec en cul-de-poule pendant une heure. Ensuite, à chaque fois que l'envie prendrait au mal élevé de répéter l'opération avec une autre fille, le temps de la paralysie augmenterait exponentiellement. La deuxième fois, ce serait deux heures. La troisième, quatre heures. La quatrième, 16 heures. Et ainsi de suite jusqu'à ce que le malotru comprenne sa stupidité et cesse de manquer de respect aux membres de la gente féminine.

À ceux qui me lanceraient des commentaires disgracieux, j'appliquerais le même système, mais en les rendant muets. Ceux qui me fixeraient la poitrine deviendraient aveugles d'un oeil. Les chauffeurs qui ne respectent pas les piétons tomberaient en panne. Le système de son du voisin bruyant exploserait. Celui qui ne ramasse pas les crottes de son chien recevrait une malédiction qui le condamnerait à marcher dans tous les excréments qui se trouvent sur son chemin. ETC. ETC.

Et vous, avez-vous d'autres idées de malédictions?

Quel serait votre don?
Par Nancy Malenfant
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Samedi 26 janvier 2008
Aujourd'hui, le blog n'est pas de moi. Je vous propose cette anecdote remplie de sagesse que j'ai reçu cette semaine de mon vénérable ami Marc-André Letendre. Je suis certaine qu'elle saura vous plaire.

'' Faits divers. Hier, le vétérinaire est venu pour tailler les sabots de mes vaches. Journée habituellement remplie de bonheur à tirer les vaches après. C'est aussi synonyme de jour de festin pour mon chien. Il se régale des ""chips'' fraîches de sabot. Mais hier ne fut pas une journée comme les autres.
 
Mon chien est une femelle, mix de golden et de labrador, presque blanche en hiver. Elle a une patte croche depuis trois ou quatre ans, ce qui l'a amenée à rencontrer le vrai vétérinaire pour chien pour l'unique fois dans sa vie. Moment traumatisant pour le vétérinaire et sa réceptioniste, mais ça c'est une autre histoire.
 
Donc, on faisait des pattes à la chaîne comme d'habitude. Mon chien mangeait ses chips. Mais voilà, après la quatre ou cinquième vache, elle est allée de coucher dans son coin. Sa journée était finie.
 
Je me suis alors rappelé mon grand-père. Comme tous les sages, il parle peu, c'est de famille, et que pour de sages paroles. Ça aussi c'est de famille. Au jour de l'an, il nous a dit de ne pas s'inquiéter pour lui, qu'il allait bien, même de mieux en mieux. Il habite toujours sa maison. Il nous a dit, qu'avant d'aller au foyer, il lui fallait atteindre l'étape de la demi-toast. Ce moment dans la vie où une demi-toast suffit pour le déjeuner, et que l'on a la sagesse de remettre l'autre moitié dans le sac.
 
Hier, j'ai compris que mon chien, qui s'appelle Pitou, qui a 14 ans, avait atteint l'étape de la demi-toast. Même devant les tentations les plus fortes, il faut parfois plus s'écouter, et s'arrêter s'il le faut. Mon chien a compris qu'il aura encore l'occassion de manger des chips, rien ne sert d'abuser.''
 
Par Nancy Malenfant
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Lundi 21 janvier 2008
Je suis de retour dans mon petit chez nous hondurien depuis près d'une semaine après des vacances de Noël bien méritées. J'étais contente de tous vous voir. On va pouvoir remettre ça en avril prochain.

Voici ma première anecdote de l'année 2008. Samedi soir, je suis sortie avec des amis à l'unique bar de La Esperanza. Un gars m'invite à danser. Un petit gros pas très beau, mais voilà près d'une heure que je me tortille sur ma chaise au son de la musique, il est temps d'aller user la piste de danse. Une fois sur place, je rencontre deux de mes amies qui s'échangent leur partenaire de danse. J'embarque dans leur petit manège et sans même avoir le temps de réaliser ce qui m'arrive, je me retrouve en train de danser la salsa en trio avec un petit vieux et sa canne. Une chance qu'il avait un peu d'alcool dans le sang parce qu'il n'a pas réalisé que j'étais morte de rire.  Nul besoin de dire que je me suis éclipsée rapidement après la chanson. Qui aurait dit q'un jour j'allais danser avec un septuagénaire autre que mon grand-père??
Par Nancy Malenfant
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Samedi 15 décembre 2007
En côtoyant une autre culture, il est parfaitement compréhensible qu’un être humain  normalement constitué pige des gestes et des mimiques et qu’il se mette à les reproduire.  Je ne me considère pas exactement comme normale, mais j’avoue que je suis contaminée culturellement.


Par exemple, depuis que je suis revenue de l’Inde je ne me sers presque plus de ma main gauche, la main impure. Quand je paye au magasin, j’ai toujours le réflexe de passer l’argent de ma main gauche à la droite avant de la remettre à l’employé.  J’ai aussi conservé le geste du fameux «oui-non-peut-être » qui provoque tant de confusion.
Voir: http://nance-in-asia.over-blog.com/article-5506912.html

Au Honduras, j’ai pris l’habitude de pointer du bec. Comme il est très impoli de pointer du doigt, les gens pour désigner un objet ou une personne se mettent la bouche en cul de poule et envoient un coup de menton dans la direction voulue. Ce geste a supposément l’avantage d’être plus poli. Or, il est malheureusement la plupart du temps très imprécis.  Je l’ai malgré tout adopté en voyant la réaction outrée des Honduriens lorsque je pointais de l’index. Vous pourrez donc rire de moi quand vous me verrez le bec en action.

Autre sujet : Vous savez les pubs de téléphones  FIDO ou l’on voit des maîtres et leur chien arborant la même bette… j’ai eu un exemple vivant cette semaine dans ma propre cour. Ma propriétaire s’est ramassée avec une joue enflée par un mal de dents. Pendant ce temps, sa chatte Maximiliana  arborait une grosse bosse d’un côté de la face. La coïncidence était tellement frappante que je ne peux m’empêcher de me demander si la bonne-femme frenche son chat...

Par Nancy Malenfant
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Dimanche 9 décembre 2007
Je vous fais une confidence : j’en ai plein le postérieur de laver mon linge à la main. Il y a une pénurie de femmes de ménage à La Esperanza. Quand tu réussis à mettre la main sur une perle, la première chose que tu réalises c’est que la semaine suivante elle se pousse, ayant trouvé un contrat plus lucratif. Je l’ai compris après m’être retrouvée à quelques reprises sans bobettes propres à me mettre. J’ai abandonné la lutte suite à ma cinquième femme de ménage. 


Je lave mon linge moi-même dorénavant. Ceci me demande un temps considérable.  Je tente de voir le bon côté des choses : ça meuble les heures qu’autrement je passerais à regarder des romans savons latinos ou des séries américaines traduites en espagnol sur ma super-giga télé. Hier, j’ai frotté pendant deux albums de Pierre Lapointe et aujourd’hui pendant un album de Pearl Jam. Merci au Dieu I-Pod de m’aider à passer au travers de ces heures de tête-à-tête avec ma planche à laver. 

Autre sujet. Je m’interroge. Pourquoi Andréa, la petite-fille de ma propriétaire, possède une trottinette alors que toutes les rues de La Esperanza sont faites d’un merveilleux pavé de roches et de bouette? Le seul espace dont elle dispose pour rouler consiste en une bande de ciment de six pieds de long (3 pieds et demi de plus que la trottinette) qui sépare ma maison de celle de ma proprio. Je la vois ainsi faire des allers-retours incessant en se rivant la face à chaque passage dans le linge accroché sur la corde qui traverse l’allée en question. Elle m’étourdit.  Je devrais arrêter de la regarder.  Je vais vomir…

Par Nancy Malenfant
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