Est-ce que vous croyez que Nancy peut détester les chiens? Aujourd’hui, j’envoie un message à tous
les Pitou, Fido, Princesse et Lassie de ce monde : Allez vous faire cuire un os!!!! Je suis juste plus capable des chiens, ils me donnent la chienne.
Je vous mets en contexte. Depuis un mois, avec le départ de ma collègue Alejandra en congé de
maternité, nous n’avons plus de voiture pour aller travailler au champ. Soit!! Nous allons faire du pouce et marcher s’il n’y a pas d’autre choix. Résultat : Nancy doit être sur le bord de
la route vers 6h45 du matin pour trouver un pickup qui la prendra dans sa boîte et qui l’amènera dans les communautés. Si Nancy est chanceuse son transport la conduira jusqu’à sa destination
finale. Sinon, elle devra marcher parfois plus d’une heure avant d’arriver. C’est là que le fun commence. Tous les paysans ont des chiens. Des chiens de garde. Et quand je dis « DES
chienS », c’est parce qu’ils en ont plusieurs. À plus d’une occasion, alors que je marchais tranquillement sur la route, je me suis fait encerclée par des meutes de chiens qui voulaient me
dévorer.
Une fois, j`ai réussi à les tenir à distance pendant un moment en leur envoyant des coups de
sac-à-dos. Quand je me suis finalement mise à hurler, la propriétaire est sortie de sa tite-cabane pour rappeler ses chiens tout en me regardant d`un air ahuri.
Lors d’un autre épisode, un paysan qui marchait à mes côtés s`est mis à tirer des pierres pour
éloigner la demi-douzaine de bêtes à poil enragées qui s’étaient lancées à nos trousses. Finalement, c`est un pickup qui passait au même moment qui nous a sauvé la mise. On a sauté dans la boîte
du véhicule en mouvement alors que l’autre moitié de la douzaine arrivait en renfort en grognant et en montrant les crocs. On l`a échappé belle!
Le reste du temps, ces épais à quatre pattes prennent un malin plaisir à se jeter devant les
véhicules. J’ai arrêté de compter le nombre de fois où j’ai vu un pitou se faire rouler dessus par un camion. Malgré que ce soit devenu un événement
quasi-anodin, le bruit du boum et du gémissement qui s`ensuit demeure toujours aussi insupportable…
Par Nancy Malenfant
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En côtoyant une autre culture, il est parfaitement compréhensible qu’un être humain normalement constitué pige des gestes et des mimiques et qu’il se mette à les reproduire. Je ne me considère pas
exactement comme normale, mais j’avoue que je suis contaminée culturellement.
Par exemple, depuis que je suis revenue de l’Inde je ne me sers presque plus de ma main gauche, la main impure. Quand je paye au magasin, j’ai toujours le réflexe de passer l’argent de ma
main gauche à la droite avant de la remettre à l’employé. J’ai aussi conservé le geste du fameux «oui-non-peut-être » qui provoque tant
de confusion. Voir: http://nance-in-asia.over-blog.com/article-5506912.html
Au Honduras, j’ai pris l’habitude de pointer du bec. Comme il est très impoli de pointer du doigt, les gens
pour désigner un objet ou une personne se mettent la bouche en cul de poule et envoient un coup de menton dans la direction voulue. Ce geste a supposément l’avantage d’être plus poli. Or, il est
malheureusement la plupart du temps très imprécis. Je l’ai malgré tout adopté en voyant la réaction outrée des Honduriens lorsque je pointais de
l’index. Vous pourrez donc rire de moi quand vous me verrez le bec en action.
Autre sujet : Vous savez les pubs de téléphones FIDO ou l’on voit des maîtres et leur chien arborant la
même bette… j’ai eu un exemple vivant cette semaine dans ma propre cour. Ma propriétaire s’est ramassée avec une joue enflée par un mal de dents. Pendant ce temps, sa chatte
Maximiliana arborait une grosse bosse d’un côté de la face. La coïncidence était tellement frappante que je ne peux m’empêcher de me demander si la
bonne-femme frenche son chat...
Par Nancy Malenfant
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Je vous fais une confidence : j’en ai plein le postérieur de laver mon linge à la main. Il y a une
pénurie de femmes de ménage à La Esperanza. Quand tu réussis à mettre la main sur une perle, la première chose que tu réalises c’est que la semaine suivante elle se pousse, ayant trouvé un contrat
plus lucratif. Je l’ai compris après m’être retrouvée à quelques reprises sans bobettes propres à me mettre. J’ai abandonné la lutte suite à ma cinquième femme de ménage.
Je lave mon linge moi-même dorénavant. Ceci me demande un temps considérable. Je tente de voir le bon
côté des choses : ça meuble les heures qu’autrement je passerais à regarder des romans savons latinos ou des séries américaines traduites en espagnol sur ma super-giga télé. Hier, j’ai
frotté pendant deux albums de Pierre Lapointe et aujourd’hui pendant un album de Pearl Jam. Merci au Dieu I-Pod de m’aider à passer au travers de ces heures de tête-à-tête avec ma planche à
laver.
Autre sujet. Je m’interroge. Pourquoi Andréa, la petite-fille de ma propriétaire, possède une
trottinette alors que toutes les rues de La Esperanza sont faites d’un merveilleux pavé de roches et de bouette? Le seul espace dont elle dispose pour rouler consiste en une bande de ciment de
six pieds de long (3 pieds et demi de plus que la trottinette) qui sépare ma maison de celle de ma proprio. Je la vois ainsi faire des allers-retours incessant en se rivant la face à chaque
passage dans le linge accroché sur la corde qui traverse l’allée en question. Elle m’étourdit. Je devrais arrêter de la regarder. Je vais vomir…
Par Nancy Malenfant
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